Restaurer les sols pour mieux produire demain. Tel est le pari porté par l’Association pour la Communication, le Développement et le Bien-être (ACODEB), avec l’appui financier de la MBOSCUDA, à travers une journée pratique consacrée à la promotion de pratiques agricoles durables et résilientes face aux effets du changement climatique.
Réunis à Fotouni, plus de 50 producteurs, femmes et acteurs communautaires ont pris part à cette activité de formation et de sensibilisation, articulée autour de trois leviers majeurs : la valorisation des semences locales, la production d’engrais organiques et la restauration des terres par l’agroécologie.
La journée a débuté par un temps consacré au renforcement de la case semencière. Animée par Mme Nganmo Odette, Présidente, et Mme Mekouo Sorele, Secrétaire, cette session a permis de rappeler l’importance de préserver et de valoriser les semences locales, véritables patrimoines agricoles des communautés. Les échanges ont également porté sur la nécessité de mieux organiser les producteurs et de promouvoir l’utilisation d’intrants biologiques afin de réduire progressivement la dépendance aux produits chimiques de synthèse. Pour les participants, la conservation des semences adaptées aux réalités locales constitue un enjeu essentiel pour renforcer l’autonomie des exploitations familiales et leur capacité à faire face aux changements climatiques.
Le vermicompost, une réponse concrète à la dégradation des sols
Autre temps fort de la rencontre : la formation pratique sur la fabrication du vermicompost. Conduite par Mme Ermine Tsegui Fodouop, Secrétaire Générale d’ACODEB, avec l’appui d’un maître formateur, cette session a permis aux producteurs de découvrir une technique accessible de production d’un fertilisant organique à partir de ressources disponibles localement.
À travers des démonstrations pratiques, les participants ont appris à transformer les déchets organiques en une ressource utile pour l’agriculture. Le vermicompost apparaît ainsi comme une solution à double bénéfice : il contribue à restaurer la fertilité des sols tout en favorisant la valorisation des déchets organiques. Pour les producteurs, cette pratique représente également une alternative intéressante face à l’augmentation du coût des engrais chimiques. En développant leur capacité à produire localement des fertilisants organiques, les communautés peuvent réduire leurs charges de production, améliorer la qualité de leurs sols et inscrire leurs activités dans une dynamique plus durable.
Cent plants d’avocatiers pour préparer l’avenir
La restauration des terres ne s’est pas limitée aux techniques de fertilisation. La rencontre a également été marquée par la distribution de 100 plants d’avocatiers greffés aux bénéficiaires.
Accompagnée de conseils techniques sur la plantation, l’entretien et la protection des plants, cette opération vise à encourager le développement de systèmes agricoles plus diversifiés. À terme, ces arbres contribueront à améliorer la couverture végétale, protéger les sols contre l’érosion, favoriser la séquestration du carbone et renforcer les sources de revenus des familles.
Au-delà de leur valeur économique, les plants distribués constituent un investissement dans le patrimoine naturel des communautés. Leur croissance contribuera progressivement à la restauration des paysages et au renforcement de la résilience des exploitations agricoles face aux aléas climatiques.
À travers cette initiative, ACODEB et MBOSCUDA entendent promouvoir une vision de l’agriculture fondée sur la restauration des écosystèmes, la valorisation des ressources locales et le renforcement des capacités des producteurs. L’approche mise en avant à Fotouni montre que la lutte contre le changement climatique peut commencer à l’échelle des exploitations familiales, à travers des gestes et des pratiques concrètes : produire son fertilisant, préserver ses semences, planter des arbres et mieux gérer les ressources naturelles.
« Aujourd’hui, nous restaurons les sols. Demain, nous récolterons les fruits d’une agriculture plus saine, plus productive et plus résiliente. », a déclaré Mme Ermine Tsegui Fodouop, Secrétaire Générale d’ACODEB. Cette mobilisation rappelle une évidence : la fertilité des sols est au cœur de la sécurité alimentaire et de la résilience des communautés rurales. En investissant dans les connaissances, les pratiques agroécologiques et la restauration des terres, les acteurs locaux contribuent à construire les bases d’une agriculture capable de nourrir les populations tout en préservant les ressources naturelles.
À Fotouni, le message est donc clair : restaurer les sols aujourd’hui, c’est préparer les récoltes de demain et protéger les générations futures.
MOMHA

